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Le RHAJAC dresse un réquisitoire sévère contre l’impunité en Haïti

Port-au-Prince, 18 juillet 2026 – Le Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC) a publié un rapport accablant couvrant la période de janvier 2025 à juillet 2026, mettant en lumière ce qu’il qualifie de « système d’impunité institutionnalisée » en Haïti.

Le document de 43 pages dénonce une série de dossiers impliquant des personnalités politiques, d’anciens hauts fonctionnaires et des responsables publics, dont plusieurs ont bénéficié de détentions prolongées sans jugement, de remises en liberté controversées ou de blocages judiciaires persistants.

Selon le RHAJAC, l’État haïtien traverse une crise profonde marquée par l’effondrement des mécanismes de contrôle, l’affaiblissement des institutions judiciaires et la persistance de pratiques favorisant la corruption et le recyclage institutionnel. L’organisation estime que les faits recensés ne peuvent être considérés comme de simples dysfonctionnements administratifs, mais traduisent une crise structurelle de gouvernance.

Le rapport revient notamment sur plusieurs dossiers emblématiques, parmi lesquels ceux de l’ancien député Prophane Victor, de l’ancienne directrice du Service National de Gestion des Résidus Solides (SNGRS), Magalie Habitant, de l’ancien directeur général de l’ONA, Jemsley Jean-Baptiste, de l’ancien protecteur du citoyen Renan Hédouville, ainsi que plusieurs affaires liées à des soupçons de détournement de fonds publics et de financement de groupes armés.

Le RHAJAC s’inquiète également de la détérioration continue de la situation sécuritaire. Selon le rapport, les violences armées ont causé des centaines de morts et de blessés durant la période étudiée, tandis que de vastes territoires du pays continuent d’échapper au contrôle de l’État. L’organisation souligne que l’expansion des groupes armés, le recrutement d’enfants et les déplacements massifs de populations constituent des menaces majeures pour la stabilité nationale.

Par ailleurs, le document critique sévèrement plusieurs contrats stratégiques conclus sous l’administration du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, notamment dans les domaines de l’administration pénitentiaire, de la sécurité nationale et de la modernisation des douanes. Le RHAJAC estime que ces accords soulèvent de sérieuses interrogations quant au respect des principes de transparence, de souveraineté nationale et des procédures constitutionnelles.

Face à cette situation, le réseau formule plusieurs recommandations, parmi lesquelles l’ouverture d’enquêtes judiciaires indépendantes, le renforcement des institutions de contrôle, la relance des poursuites dans les dossiers de corruption restés en suspens et l’application effective des sanctions visant les personnalités accusées de soutien aux groupes criminels.

Dans sa conclusion, le RHAJAC affirme que l’impunité est devenue un véritable système alimentant à la fois la criminalité organisée et la corruption. L’organisation appelle les autorités haïtiennes, le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) et la communauté internationale à agir rapidement afin de restaurer l’État de droit et de prévenir une aggravation de la crise.

Signé par le secrétaire général du RHAJAC, Djoany Michel, le rapport conclut par un avertissement sans équivoque :

« Sans justice, il n’y aura ni paix, ni développement, ni avenir pour la République d’Haïti. »


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