
En campagne aux Gonaïves dimanche, Wilner Joseph, candidat à la présidence de la plateforme Victoires, s’est livré à une étonnante réécriture de l’histoire nationale. Devant son auditoire, il a affirmé que Jean-Jacques Dessalines, père fondateur de la nation haïtienne, était né aux Gonaïves. Une déclaration pour le moins embarrassante pour un homme qui aspire à diriger Haïti.
Dessalines est pourtant né à Grande-Rivière-du-Nord, le 20 septembre 1758. Les Gonaïves occupent certes une place capitale dans son parcours : c’est là que fut proclamée l’indépendance d’Haïti le 1er janvier 1804.
Mais confondre le lieu de naissance du fondateur de la nation avec celui de la proclamation de l’Indépendance révèle une méconnaissance pour le moins troublante de l’histoire nationale.On ne demande pas à un candidat à la présidence d’être historien. Mais lorsqu’un prétendant au Palais national se trompe sur un fait aussi fondamental concernant Dessalines, une question s’impose : comment peut-il prétendre conduire dans la bonne direction une nation dont il maîtrise si mal les repères historiques les plus élémentaires ? Connaître l’histoire de son pays n’est pas un luxe pour celui qui aspire à le diriger.
Car celui qui ignore les fondements historiques de la nation risque de mal comprendre ses blessures, ses luttes, ses héritages et les ressorts profonds de son présent. Gouverner ne consiste pas seulement à promettre un avenir : il faut d’abord savoir comprendre le chemin parcouru. L’histoire n’est pas une matière facultative lorsqu’on prétend prendre les commandes d’un pays.
Avant même de penser au Palais national, Wilner Joseph aurait donc peut-être un détour plus urgent à faire : retourner sur les bancs de l’école, ouvrir un manuel d’histoire d’Haïti et reprendre les bases. Car avant de demander aux Haïtiens de lui confier leur avenir, encore faudrait-il qu’il sache correctement raconter leur passé.
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