
Nous, au sein du RHAJAC, exigeons une enquête approfondie sur la gestion de Lovely François à l’ONA. Installée le 24 mars 2026, elle représenterait déjà une menace pour le bon fonctionnement de l’institution. Nous appelons les autorités concernées à agir rapidement.
Port-au-Prince, le 18 juin 2026.- Le Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC) exprime sa profonde préoccupation face aux graves allégations de mauvaise gestion, de gaspillage de fonds publics et de favoritisme. Il est également allégué que la Fête des Mères aurait été utilisée comme prétexte pour détourner des fonds publics afin d’acheter le silence de certains militants politiques et de monnayer certains gangs armés pour assurer un passage sans désordre ni revendications le 7 juin 2026 dernier contre le pouvoir d’Alix Didier Fils-Aimé.
Cette date est évoquée par plusieurs organisations qui rappellent que l’article 149 de la Constitution amendée de 1987 régit la vacance présidentielle en Haïti. En février 2026, Alix Didier Fils-Aimé a évoqué cet article, qui lui accordait 120 jours pour placer le pouvoir exécutif sous l’égide du Conseil des ministres, présidé par le Premier ministre lui-même. Plusieurs organisations et partis politiques ont exigé le respect de ce délai constitutionnel de 120 jours pour organiser des élections, soit le 7 juin 2026. Ce délai n’ayant pas été respecté, le 7 juin pouvait susciter de vives tensions politiques.
Ni la sécurité ni les élections n’ont été garanties. Pour calmer le terrain, Madame Lovely François, directrice générale de l’Office National d’Assurance-Vieillesse (ONA), proche du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, en complicité avec son concubin, conseiller et également proche du Premier ministre, aurait organisé des décaissements pour « frèt atè a ».
Nous avons reçu de nos sources la confirmation d’un décaissement de 14 millions de gourdes pour une activité organisée à l’occasion de la Fête des Mères le dernier dimanche du mois de mai 2026. Selon ces mêmes sources, cet argent aurait été détourné pour acheter le silence de militants politiques et monnayer certains gangs armés. Pendant ce temps, de nombreux retraités et cotisants continuent de faire face à d’importantes difficultés.
Ces allégations exigent des explications publiques immédiates et vérifiables malgré les plaintes des organisations et des employés. L’Unité de Lutte contre la Corruption reste dans le silence. Le RHAJAC prend acte de ces démarches entreprises. Les 14 millions de gourdes destinés à une activité organisée à l’occasion de la Fête des Mères, qui auraient été détournés, alors que de nombreux retraités et cotisants continuent de faire face à d’importantes difficultés, exigent des explications publiques immédiates et vérifiables.
Le RHAJAC rappelle que les ressources de l’ONA ne constituent ni une caisse politique ni un patrimoine privé. Ces fonds proviennent des cotisations des travailleurs haïtiens et doivent être administrés dans le strict respect des principes de transparence, de responsabilité et de reddition de comptes. En conséquence, le RHAJAC demande :
- La réalisation d’un audit indépendant des contrats, marchés publics et décaissements effectués depuis son entrée en fonction, ainsi que l’intervention de l’ULCC, de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) et de toutes les institutions compétentes ;
- 2- L’adoption de mesures conservatoires permettant de garantir l’intégrité des éventuelles enquêtes. Le RHAJAC réaffirme son engagement dans la lutte contre la corruption, l’impunité et le détournement des ressources publiques.
Aucune institution de la République ne doit échapper au contrôle citoyen lorsqu’il existe des soupçons sérieux de mauvaise gestion des fonds appartenant au peuple haïtien. Le silence des autorités face à ces allégations ne ferait qu’alimenter davantage la méfiance de la population envers les institutions publiques.
Pour le RHAJAC Djovany Michel Secrétaire général
Pour authentification: Rhajac.org Contact presse: +509 3456 4848
