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Haïti 2027-2057 : Jocelerme Privert propose un projet de transformation sur trois décennies

PORT-AU-PRINCE, 31 octobre 2026 – Penser Haïti au-delà des prochaines élections et construire un avenir qui ne soit pas remis en question à chaque changement de gouvernement. C’est le pari politique présenté par Jocelerme Privert, candidat à la présidence, lors d’une rencontre avec des jeunes et des sympathisants de la plateforme AYITI TRANSFÒME.

L’ancien chef de l’État provisoire entend inscrire son projet dans une perspective de trente ans, allant de 2027 à 2057. Une durée qu’il juge nécessaire pour engager des changements structurels dans un pays où les initiatives gouvernementales sont régulièrement fragilisées par les ruptures politiques et l’absence de planification à long terme.

Pour porter cette ambition, Privert met en avant le « transformationnalisme moderne ». Ce concept constitue, selon lui, le fondement d’un modèle politique qui ne s’identifie ni à la droite ni à la gauche et qui se démarque du populisme. Son principe directeur est la souveraineté nationale : les grandes orientations du pays doivent être définies par les Haïtiens eux-mêmes. Il ne rejette pas pour autant les partenariats internationaux, mais considère que ceux-ci doivent s’inscrire dans le respect des choix nationaux.

La démarche proposée s’organise autour de deux échéances. La première est une stratégie de transformation sur trente ans. La seconde est un plan gouvernemental de cinq ans, couvrant la période 2027-2032, destiné à amorcer le processus. Cette première phase devrait permettre de rétablir la stabilité et de créer les conditions nécessaires à la réalisation des ambitions nationales.

Le candidat annonce également une organisation de son programme autour de quatre piliers, avec des indicateurs de performance et des objectifs mesurables. Il s’agit de donner une dimension concrète à ses engagements et de permettre à la population de juger les résultats obtenus.

Mais c’est surtout sur la question de la continuité des politiques publiques que son intervention a pris une dimension particulière.

Privert estime que le pays a trop souvent payé le prix de l’instabilité des choix gouvernementaux. Pour illustrer cette situation, il a rappelé le cas de la tour 2004, érigée sous la présidence de Jean-Bertrand Aristide au Champ-de-Mars, dont les installations se sont détériorées après le départ de ce dernier en février 2004.

Il a aussi évoqué les travaux de la route de Miragoâne, commencés sous René Préval et poursuivis sous Michel Martelly, avant de connaître de nouvelles interruptions. Pour l’ancien président, ces expériences témoignent d’une faiblesse persistante de l’administration publique : l’incapacité à préserver et à poursuivre les projets d’intérêt national indépendamment de l’identité du dirigeant qui les a initiés.

Il déplore notamment que les nouveaux responsables cherchent trop souvent à imprimer leur propre marque politique en lançant de nouvelles initiatives, plutôt que de poursuivre les investissements déjà réalisés.

La réussite d’un président ne doit pas dépendre uniquement de son mandat

Dans sa conception de la gouvernance, le développement national exige un changement profond de comportement au sommet de l’État. Un président ne devrait pas mesurer sa réussite uniquement à travers les réalisations qu’il peut inaugurer avant de quitter le pouvoir. Il doit également être capable de préparer des projets dont les résultats profiteront aux générations suivantes.

Cette vision implique une responsabilité collective entre les différentes administrations et une reconnaissance de la valeur des investissements publics, quelle que soit leur origine politique.

En présentant cette orientation devant les sympathisants d’AYITI TRANSFÒME, Jocelerme Privert place ainsi le débat sur le terrain de la construction de l’État et de la planification nationale. Son ambition 2027-2057 repose sur une conviction : le développement d’Haïti ne peut être durable si chaque nouvelle administration considère le début de son mandat comme un nouveau départ.

Le défi sera désormais de transformer cette vision de trois décennies en engagements institutionnels et en politiques publiques capables de survivre aux alternances politiques.


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