Nouvelles du continent africain

Un violeur ne vient jamais seul. "Les tueurs et violeurs de femmes en Algérie ne “tombent” pas du ciel. Quand on encourage des TV poubelles islamistes, les fatwas féodales des chouyoukh, les campagnes médiatiques “tu es un homme si tu voiles tes femmes”. Quand on accepte des bulletins de vote avec des femmes fantômes et sans visages, quand un imam dans une mosquée payé par l’État annonce, le jour de l’Aïd dans ses prêches, l’enfer pour les femmes parfumées, et qu’on juge pour islamophobie le premier qui évoque nos misères sexuelles et nos violences. Quand on refuse de condamner le harcèlement des femmes non voilées et qu’on les traite comme des prostituées en puissance. Quand dans une banque islamique qui active en Algérie les femmes non voilées sont refusées au recrutement, volontairement et sur consignes strictes, alors nous fabriquons, au bout de la machine du consentement, des violeurs à Sétif, à Bordj Badji-Mokhtar, à Oran ou à Béjaïa. Nous apprenons à nos enfants que la femme est la moitié d’un être, sa nudité est la source de nos malheurs, sa mentalité est celle d’un esclave qu’il faut frapper pour l’éduquer. Nous inculquons à nos enfants qu’aimer c’est se prostituer et être élégantes et libres c’est empêcher la pluie, provoquer des séismes, détruire une nation, insulter Dieu. Nos garçons deviendront des violeurs, petit à petit et nos filles deviendront des violées. Des violeurs avec le sexe, les yeux, les mains, la langue, un bâton, un décret, une discrimination, une insulte, une prière. Un viol collectif contre des femmes isolées cela se prépare. Il faut la moitié d’un peuple consentant, des effaceurs de traces, des complices, des juges, des gardiens, des imams, des intellectuels, des instigateurs, des lois, des justificateurs et des millions de voyeurs. Un violeur ne vient jamais seul. Du moins dans sa tête. Il est missionné par une culture. " Kamel Daoud.

Texte magnifique de Taous Ait Mesghat, poétesse, activiste et féministe algéro-berbère) : "Puisque dévoiler mes jambes cause des tremblements de terre et mes cheveux cyclones et vents froids.
Puisque un bout de ma gorge fait monter la mer et des terrains glissent au son de ma voix.
Puisque mon sein qui allaite provoque famine et misère et que mes bras nus réchauffent le climat.
Puisque mon sourire déstabilise l'univers et réveille tous les instincts bas.
Puisque je suis derrière toutes les catastrophes naturelles, alors crains-moi.
Car force divine je suis et le misérable mortel, c'est toi !"

Par Mustapha Amarouche
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20 AVRIL, QUAND TOUT A COMMENCÉ Le 20 Avril 1980, le pouvoir algérien avait empêché l'écrivain Mouloud Mammeri de donner une conférence sur la langue et la culture algérienne amazighe, suscitant des manifestations en Kabylie et dans la capitale. Le combat amazigh, combat de liberté n'a jamais cessé depuis et a été porté pacifiquement par des générations de militants mais aussi par le peuple alors que les pouvoirs successifs alternaient entre répression, négation et promotion calculée au compte-gouttes.
Deux décennies plus tard, le même souffle de liberté et de dignité a animé les jeunes du Printemps Noir, suite à l’assassinat de Massinissa Guermah, le bien prénommé. De grandes manifestations ont eu lieu en Kabylie ainsi que des affrontements avec la gendarmerie. 126 jeunes kabyles furent tués par balles et des milliers furent blessés, dont certains portent à vie un handicap.
A-t-on tiré toutes les leçons de ces combats pour la dignité, pour l’identité, pour les libertés? va t'on enfin accorder sa place à l'amazighité (histoire, identité, langue et culture), chez elle, dans ses terres, chez son peuple?
Les peuples amazighs qui continuent de lutter pacifiquement pour leur identité savent bien que derrière les nuages, il y a toujours un soleil.

NAÎTRE NOIR-E EN ALGERIE

DJAMILA, UNE ALGERIENNE ÉTRANGÈRE DANS SON PAYS !


L'Algérie officielle a étouffé tout ce qui respire la différence, en corollaire elle a produit un peuple qui refuse la tolérance et abhorre le progrès. Le peuple est abêti par une école au service de la machine aliénante du système militaro-bourgeois algérien.

Les esprits d'une communauté éveillée et progressiste sont rabougris dans une société qui s'arroge le droit absolu d'imposer ses valeurs ségrégationnistes. Loin d'être achevée, la lutte contre les stéréotypes et toute forme de ségrégation semble encore longue.

Après soixante ans d'indépendance, l'Algérie refuse le non-musulman, le non arabe, l’homosexuel, le végétarien, le noir de peau et toute différence communément vue comme atteinte à l'unité sacrée d'un pays, réellement, divisé. Naître noir-e en Algérie reste toujours un tabou dans la société algerienne. Dans l'imaginaire collectif de la société algérienne, avoir un enfant noir est un synonyme d'une malédiction. Récemment, avec les réseaux sociaux, on a pu divulguer cette réalité amère. En 2019, l'élection d'une miss d'Algérie noire de peau, Kadidja BENHAMOU, a provoqué un déferlement de racisme sur les réseaux sociaux. Bien avant , en 2017, Ahmed OUYAHIA, ministre d'État et directeur de cabinet du président Abdelaziz BOUTEFLIKA, a qualifié les migrants subsahariens de délinquants, de criminels et porteurs de maladies. D'autres hauts responsables algériens ont émis des propos racistes vis-à-vis des migrants subsahariens.

En Algérie, le noir de peau est toujours marginalisé. Les gens du Sud ont toujours subi une sorte d'isolement et de ségrégation de la part des gens du Nord. Le témoignage vivant d'une femme algérienne du Nord, qui a adopté une fille noire de peau du Sud algérien, nous montre ce côté, de tout temps, resté tabou et non débattu dans la société algérienne.

Que signifie naître noir-e en Algérie ?

On a reçu le témoignage de cette femme algérienne qui a connu cette expérience d'adoption, Madame Sadjia. K. Elle a travaillé pendant des années comme guide touristique, au Sud algérien. Elle nous a raconté en détails les circonstances de l'adoption de cette petite fille : 《Dans une journée du mois de janvier 2000 à Hammam Zelfana, entre Ghardïa et Ouargla, une femme a accouché et laissé son nouveau né dans la rue. Les personnes qui ont vu cette scène répétaient communément, comme un slogan, bien préparé avant, cette phrase : (semhet f bentha), elle a délaissé sa propre fille! 》

Suite à cette scène émouvante, la guide touristique a été submergée par un sentiment émotif. Que faire ? Elle raconte ses premières tentatives pour l'adoption de la petite fille Djamila: 《Je me suis vite présentée au service de la gendarmerie algérienne pour demander l'adoption de la fille. On m'a demandé d'attendre trois mois, comme le stipule la loi algérienne, et de me présenter au service de la Direction de l'Action Sociale pour entamer les démarches nécessaires.》

Avec toutes les barrières administratives que connait l'Algérie, d'autres obstacles peuvent s'impliquer dans cette procédure. Sadjia. K nous livre avec spontanéité ses impressions :《 effectivement, ce n'est pas seulement les problèmes d'ordre administratif qui m'ont indigné mais , beaucoup plus la vision stéréotypée d'un responsable d'un hôpital qui m'a déconseillé l'adoption de la fille , à cause de sa couleur de peau.》

Après la finalisation de la procédure d'adoption, la fille s'est installée avec sa maman au Nord d'Algérie. Les problèmes et les souffrances ne se sont pas arrêtés dans une société qui a horreur de tout ce qui représente la différence. Avec consternation Sadjia. K rajoute :《 ma fille a beaucoup souffert dans la rue avec les voisins et copains et à l'école avec les enseignant-e-s et ses pair-e-s. Ma fille a développé un complexe d'infériorité, en lien avec sa couleur de peau. J'ai changé trois fois de lieu de résidence pour chercher plus de tolérance et de clémence mais, malheureusement, en vain.》

Vingt-et-un ans de souffrance d'une algérienne étrangère dans son pays natal, le pays de ses ancêtres ! Une douleur que partage beaucoup d'autres algérien-ne-s avec des profils différents. Aujourd’hui, Djamila est universitaire, elle espère comme beaucoup de jeunes algériens un changement vers le bien pour un pays qui ne mérite que le bien.

Amar BENHAMOUCHE

L'exception féminine prédomine le sport de combat

LILA AKKOUCHE : PORTRAIT D'UNE BOXEUSE

LILA AKKOUCHE ET LE SPORT. La scène sportive algérienne a connu, ces dernières années, une grande boxeuse qui a bien représenté son pays dans les différentes compétitions internationales. Lila AKKOUCHE a écrit, à travers ses participations et trophées gagnés, une page d'histoire des arts martiaux en Kabylie et en Algérie. Originaire de Kabylie, Lila Akkouche est née le 14 janvier 1994 dans la petite ville d'Akbou. Passionnée par la pratique des arts martiaux dès son plus jeune âge, Lila Akkouche s’est frayée un chemin vers la réussite et la gloire. Dans ses débuts en catégorie amateur, elle a été sacrée quatre fois championne de wilaya (département) de Bejaïa et trois fois championne d'Algérie de Boxe Thaïlandaise (muy-thaï). Lire la suite.

UNE CERTAINE AFRIQUE DEMEURE HOSTILE AUX FRANCAIS ! Des admonestations violentes sont proférées à l'encontre du peuple français qui est également composé d'africains... Le mélange des genres à cette faculté de créer de nouvelles identités dont les origines diffèrent et forment une créativité prometteuse pour les civilisations futures. Sous les aspects d'une mise en forme solennelle, les ennemis haineux de la République française veulent en découdre avec la France. Soit ! Pour l'honneur, il faut relever le défit. Quand et où seront les dénominateurs communs de ce nouveau conflit africain-français. Commencez sans nous !  Jean Canal. 22/28 mai 1871 fut la semaine sanglante de cette histoire française ! En souvenir de cette commémoration de la Commune, on notera que ceux qui s'y reconnaissent n'y ont aucune ascendance parentale de cet événement : c'est une forme de s'accaparer l'histoire pour une autre idéologie qui en exploite le contexte politique de l'époque, à des fins personnifiées par son caractère révolutionnaire ! Là où toutes les valeurs républicaines ont été troquées pour des options de libéralisme liberticide, "on" ose gloser sur cette période qui n'a plus sa place aujourd'hui, dans une société consumériste meurtrière ! 20 mars 2021. Et que les Cons de service ne mêlent point Rimbaud à cet événement auquel le poète ne participa point ! Faites-vous votre propre idée de cette véritable révolte populaire !

Une pancarte anti-française lors d’une manifestation du Hirak à Alger, le 9 avril 2021.

On torture toujours en Algérie ! Est-ce un héritage colonial ? ! Les images évoquent-elles l'esprit de tout un peuple ? Le doute est permis !  L'Algérie menace la France de représailles. Les représentants algériens accusent une défaite démocratique dans leur pays ! Leur incapacité à sortir le pays du marasme économique que les politiques successives ont perpétré, se justifie par les mouvements populaires qui représentent la véritable force vive de l'Algérie toujours corrompue au cœur de sa politique ! La petitesse des propos tenus comme invitation à la haine française, rabaisse ses dirigeants au niveau des lâches qui se servent de l'histoire pour justifier de leur échec : bilan de soixante années de servitude populaire ! Hirak ! La valeur sûre du Bled ! Jean canal. 8/11 mai 2021.


Une vie au service de la jeunesse. On a souvent considéré que les hommages sont uniquement réservés aux morts, qui durant leurs vies ont accomplis avec bravoure leurs responsabilités existentielles, celle de se rendre utile à ceux qui les entourent. Farid M’Sili est l’un d’eux mais un vivant, présent parmi nous. Un homme humble, doté d’une simplicité incroyable, généreux comme son art. Lire la suite de l'article.