De la littérature en l'occurrence


Je vous écris de là-basLa culture comme forme d'expression intellectuelle ; c'est-à-dire la manifestation d'un ressenti auquel chacun donne valeur sensorielle, sentimentale, émotionnelle et/ou historique. Soit le résultat de la création en forme ostentatoire afin de transmettre une part inextricable de l'entité individuelle de chaque acteur de cette créativité. Et le domaine culturel s'est démultiplié dans les genres de sorte à intégrer le paysage social comme référence humaine. La culture devient omniprésente. Elle occupe l'économie en recourant aux mécènes qui participent à son évolution, son expansion et sa reconnaissance au cœur des villes, notamment. Les musées s'exportent ainsi que les expositions qui se doivent d'être montrées, hors des frontières occidentales. C'est en soi un succès pour la culture qui entre dans le temple de l'art ! Jean Canal. 26/08/2018.

 

 

Je vous écris de là-bas pour vous avouer que vous ne me manquez point. Ma mémoire a définitivement effacé vos noms et visages que je ne saurais plus reconnaître. s'ils se présentaient à moi. Une espèce de complète indifférence à votre encontre est venue s'instaurer en moi de façon très naturelle, en me convainquant que vous n'avez jamais réellement représenté une valeur quelconque pour mon être. Je n'irai donc, ni à vos anniversaires, ni à vos mariages, ni a vos baptêmes, ni à vos divorces et encore moins à vos obsèques. Évitez, je vous prie, de me solliciter pour une quelconque invitation qui aurait de l'importance à vos yeux, sous prétexte qu'il vous ferait plaisir de m'avoir à votre table (d'ailleurs, vous ne savez point cuisiner et les vins que vous choisissez sont sélectionnés par rapport à leurs prix et non leur cru! Et s'il vous arrive de tenter une confection culinaire, vous réduisez la qualité des produits acheter trop bon-marché pour être honnêtes... -restez donc entre vous : les gens que vous fréquentez, vous ressemblent, formant ainsi une communauté stéréotypée.) Vous savez pertinemment que quand on est mort, ceux sont les vivants qui vous reprochent de ne pas l'être ! Et si jamais vous n'assisterez pas aux miennes, d'obsèques, on vous le reprochera ! Tandis que moi, je vous inciterai plutôt à vaquer à d'autres occupations plus réjouissantes, vous évitant des faux frais chez le fleuriste du coin et des coûts de carburant en hausse ! Bref ! Le jour dit, faites-vous porter-pâle... Bien à vous, Jean Canal.

Ce ne fut que le lendemain matin, après avoir cheminé une longue durée de la journée de la veille, sous les pluies froides de l'automne, en ce mois de novembre, que la neige m'apparut sur le pas de ma porte, quand après une nuit de sommeil, les montagnes que j'avais traversées étaient alors recouvertes de neige. En m'étant endormi, le soir à proximité du poêle qui avait ronronné toute la nuit, j'avais ressenti, en effet, le changement de température survenu subrepticement, au milieu de la nuit, en me réveillant pour ajuster mon duvet qui avait fini par glisser du lit. J'eus cependant le courage de me lever, la maison étant suffisamment chaude pour que je le fisse, afin de me préparer le thé vert que je bois régulièrement depuis presque trente années. Il se présente sous forme de vraies feuilles récoltées sur les hauts plateaux de l'Asie, lesquelles infusent suffisamment longtemps pour que se dégage un goût prononcé caractérisé par une amertume. Je le sucre, bien sûr et lui rajoute un nuage de lait entier en poudre. Tous les produits que j'utilise sont naturels et estampillés bio que certifie Ecocert. C'est un plus pour moi de savoir que j'ai déjà refusé l'empoisonnement de la nourriture depuis vingt ans. J'étais seul dans cette immense maison composée d'une cuisine, d'un salon et d'un escalier qui desservait trois chambres, les latrines et salle d'eau étant situées en bas. Les perspectives qui se dégageaient de mes fenêtres se confrontaient aux monts enneigés culminant à plus de trois mille mètres d'altitude : nous étions dans les Alpes de Haute-Provence. Quelques arbres se trouvaient sur la propriété : pommiers, poiriers, noyers, cognassiers et pruniers fournissaient l'essentiel des fruits locaux. Le village étant situé juste en contre-bas, il suffisait de descendre les ruelles pour tomber sur la place du marché de plein vent du vendredi. Le village n'avait point de charme historique, si ce n'est la forteresse qui le surplombait sur les hauteurs. Vauban avait été dépêché pour fortifier ce point stratégique qui était sujet à des attaques ennemies fréquentes, donnant lieu à des pillages fréquents. Barcelonnette, la ville mythique des exilés du Mexique, se situait à quarante kilomètres. Digne les Bains à une équivalente distance à celle qui vient d'être évoquée. J'étais tombé dans ce trou par hasard ; suite à des circonstances familiales. Et c'est la solitude du paysage et cet air que l'on sentait surchargé d'oxygène qui firent que je finis par m'habituer à cet endroit. Je ne fréquentais personne et réglais mes rapports avec la gente locale de manière brève et courtoise ; ne m'enquérant sur aucun sujet. Je passais mon chemin esseulé, sans regret sur la vie qui s'en allait et sans aucun véritable remords sur ce que je n'avais pas eu le temps ou bien la possibilité de réaliser. On venait au monde seul et on mourait sans personne. Je ne voyais aucun intérêt à continuer à m'ennuyer dans une société étriqué de bon sens. Et les événements quotidiens ne faisaient que confirmer ce que je constatais moi-même par des observations synthétisées à partir d'éléments valorisés et mis en exergue par nos éminents intellectuels dont la pensée nous éclairait ; du moins pour ceux qui leur conféraient confiance et vérité. De plus, Il était loisible de comparer leurs analyses avec la vie de tous les jours et le contexte social.

 

C'est comme si vous me disiez que ce soir, à la clarté de votre lampe de chevet, vous décideriez de lire « l'Oraison funèbre » de Bossuet, prélat de Louis XIV ; qui pis est si vous êtes d'obédience religieuse protestante ! C'est donc d'un écrivain que plus personne ne lit et qui connut ses grandes heures de gloires par ses articles journalistiques et ses livres regorgeant d'insolence incisive, dont je vais vous parler à travers quelques tableaux peints de personnages controversés, intellectuellement. Couronné du prix Goncourt en son temps, plébiscité puis raillé, il laissa sa littérature intacte des opinions qui la construisirent, à dessein qu'elle soit consultée par des gens curieux de nature ! Voici comment un écrivain, pamphlétaire de surcroît, loin des critiques putrides de ce XXI° siècle fétide, dépeignit avec sentimentalité évidente un qui ne fut pas des siens, œuvrant au cours du XIX° siècle, puisque lui-même chevaucha aussi sur le XX°, en en regrettant le premier qu'il considéra comme culturellement accompli (les deux guerres mondiales auraient-elles pourri l'esprit des intellectuels ou donnèrent-elles plus de force à leur émancipation idéologique?) - « L'opium des intellectuels » de Raymond Aron en confirme la raison ! Sous sa plume descriptive, l'incision du portrait met au jour des traits en profondeur de hautes personnalités de la pensée dont celui qui interpella de façon plus intimement sa réflexion. Il fit le portrait d'un qui devait devenir le père d'une idéologie toujours contestée aujourd'hui et, cependant, adoptée maladroitement par quelques uns..., faute d'un contexte inapproprié. Non ! Ce n'est pas celle à laquelle vous pensez, sans y croire ! Bien sûr, l'incidence des lectures faites en amont de sa construction intellectuelle compte dans le développement de ses idées, comme en chacun qui cultive la littérature en sons sens épistémologique. Lui, on en parle au Collège, l'étudie au Lycée et le découvre à l'université dans les sciences sociales. Il passe à travers des grands thèmes de l'étude licencieuse que l'on lui devrait, au même titre de l'attention portée à Jean-Jacques Rousseau, par exemple. S'étant entiché d'une idéologie par la force des événements personnels et inaliénables à sa condition, il représente aujourd'hui encore le fondement d'une idéologie politique dévoyée de ses origines intellectuelles qui se sont adaptées à l'air du temps, fragmentées aux intérêts de chaque parti qui en revendique une essence politique. Nourri, entre autres, de Fénelon que l'on ne présente plus, il côtoya les auteurs révolutionnaires en son temps : Marx, pour ne pas le citer ! La société de maintenant a complètement abandonné son idéologie qui, prise au pied de la lettre, sonnerait le glas de nos systèmes sociaux ! C'est plutôt par nostalgie que l'illusion est faite à son sujet, en hommage à celui qui releva des points si particuliers de sa personne et dont un ouvrage majeur nous le rappelle à notre bon et loyal souvenir. Blasphématoire dans ses idées toujours portées à l'encontre du pouvoir politique, il combattit les pouvoirs en place avec pacifisme pour défendre la cause humaine avant tout autre considération sociale encline à favoriser une classe au détriment d'une autre ! En découvrant le personnage, déjà lu, s'entend, on s'affectionne pour son siècle quand la misère enfantée des souffrances sociales, inspirait les théoriciens de la genèse politique : celle qui construira les partis officiels que nous connaissons, ce jour. Et si l'on devait lui attribuer une position sociale, aujourd'hui, il serait du côté des gilets jaunes, mais peut-être pas de celui de Mélanchon ! Bref ! Vain serait de vous dévoiler son patronyme qui fait toujours frémir les chefs d'état ! Bonne lutte, casanière soit-elle... Jean Canal. 2 décembre