Millas, Pyrénées orientales. 14 décembre 2017. Une collision entre un bus scolaire transportant des collégiens et un TER signe le drame de l'année qui endeuillera des familles, un village, une région et la France. Six collégiens ont trouvé la mort dans cet accident dont les causes relèvent principalement de la malveillance de la conductrice sous traitement médical. C'est sur ce point que l'enquête démontrera, deux ans plus tard, la responsabilité de la conductrice du bus, laquelle était sous neuroleptique à abus dangereux et dont la durée du traitement ne respectait plus les recommandations et prescriptions du médicament, en connaissance de cause des deux personnes mises en accusation. Les responsables de cette tragédie, en effet, qui ne sont autre que le médecin lui-même, n'ayant point tenu compte des précautions imposées par la société pharmaceutique qui fabrique ce produit et la conductrice consciente des dangers encourus à conduire en état de semi somnolence, ont agi en connaissance de cause des conséquences qui se sont avérées meurtrières. Nous sommes donc en présence d'un phénomène qui n'est pas inconnu des faits divers de ce genre, puisque "les drogues médicamenteuses" sont régulièrement à l'origine de drames mortels dus aux accidents de la route, notamment.

 La loi à ce sujet fait preuve de légèreté en mode de peines pénales éventuellement applicables en ce cas de figure ; loi qui ne fait qu'affleurer l'équivalence du préjudice irréparable causé. Les vies enlevées subrepticement et les deuils éternels qui en découlent ne connaissent aucune compensation sentimentales. Les annales judiciaires font preuves d'un certain laxisme à ce sujet, faute de vacuité du code pénal en la matière. Les condamnations sont rarement proportionnées aux vies supprimées, comme nous le soulignons en insistant pertinemment.

 Mise en examen pour "homicides et blessures involontaires" donc, la conductrice ne connaîtra aucun jour de prison ainsi que son médecin traitant qui tombe sous le coup de cette irresponsabilité humaine qui les disculpe, parce que la mort n'était pas intentionnelles ! Et cela quand bien même l'utilisation du médicament était strictement limitée à quelques mois et non aux 7 années de prescriptions reconduites par le médecin traitant, consciencieusement informé des effets dangereux d'une prise prolongée ! L'impuissance de la justice dans ce cas de figure, a souvent démontré que supprimer des vies accidentellement ne revenait pas systématiquement à condamner les coupables par de la prison ferme, qui entre autres ne referait revenir personne..! Que doit-on penser de cette situation qui perdure dans le comportement humain faisant fi de toute sécurité pénale des législations ?

Six adolescents qui ne demandaient rien de plus à l'existence que de continuer une vie reposant sur la confiance aveugle faite à la société garante de leur tranquillité, ont été encore sacrifiés par le manque de rigueur professionnelle d'un système social peu scrupuleux des règlementations, laissées à l'appréciation d'individus incompétents, jouissant cependant d'une notoriété professionnelle incontestable ! Une maman témoigne de la mort de son enfant. Rien ne peut se réparer quand un enfant meurt, même accidentellement.

 Jean Canal. 5 avril 2019.